1. juin 2026
Sénégal : L’élection de Sonko à l’Assemblée ouvre une phase d’incertitude politique
L’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, quatre jours après son limogeage, crée une cohabitation institutionnelle inédite au Sénégal. Elle ouvre une période d’incertitude politique marquée par un bras de fer latent entre l’exécutif et le Pastef, notamment autour de la formation du gouvernement.
Fait saillants
Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale par 132 voix sur 133, malgré le boycott de l’opposition. Cette élection, intervenue quatre jours après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, lui permet de réaffirmer sa légitimité populaire. Il annonce exercer un « contrôle strict » de l’action gouvernementale, tout en se présentant comme ouvert à une cohabitation sans blocage.
Le Pastef reproche toutefois à la présidence de ne pas l’avoir consulté lors de la nomination du nouveau Premier ministre. Le parti indique avoir été contacté pour participer à la formation du futur gouvernement, mais précise que sa participation reste conditionnée au respect de certaines exigences.
Lecture politique
Sonko transforme son limogeage en levier institutionnel, consolidant sa position comme numéro deux de l’État.
Il installe de facto une cohabitation maîtrisée, sans rupture ouverte, mais avec une volonté explicite d’influer sur l’action de l’exécutif.
Derrière un discours d’apaisement, se dessine une stratégie de contrôle politique articulée autour de trois axes :pression sur la formation du gouvernement, en contestant la méthode de nomination du Premier ministre
pression sur la formation du gouvernement, en contestant la méthode de nomination du Premier ministre ;affirmation d’un contrepouvoir parlementaire robuste, destiné à encadrer l’action gouvernementale, recentrage du Pastef comme acteur pivot, incontournable dans l’architecture institutionnelle à venir.
Lecture sécuritaire
Pas d’impact sécuritaire immédiat, mais un risque de crispation institutionnelle susceptible de ralentir,la formation du gouvernement,la mise en œuvre des réformes la gestion des tensions sociales.
Lecture diplomatique
Les partenaires internationaux observent une phase de transition particulièrement délicate.
Cette cohabitation inédite peut être interprétée soit comme un signe de maturité institutionnelle, soit comme un facteur potentiel d’instabilité si le rapport de force venait à s’accentuer.
Les signaux envoyés par Sonko — volonté de contrôle, fermeté, absence de blocage affichée — cherchent à rassurer les acteurs extérieurs tout en maintenant sa capacité d’influence au cœur du dispositif institutionnel.
Appréciation DFL RISK
Risque principal : → Tension institutionnelle durable entre l’exécutif et le Pastef, centrée sur la formation du gouvernement et le partage effectif du pouvoir.
Indicateurs à surveiller :
- composition du gouvernement et éventuelles concessions ;
- réactions internes du Pastef face à la ligne adoptée ;
- positionnement public de Bassirou Diomaye Faye ;
- premiers actes parlementaires sous la présidence Sonko ;
- signaux émis par les partenaires internationaux.
Scénario le plus probable à court terme : → Cohabitation sous tension, sans rupture ouverte mais structurée par un rapport de force permanent.
AETIOS Plateforme de veille de DFL RISK