26. juin 2026
Congo : Jean Dominique Okemba : une rupture symbolique au sommet de l’État et de la franc-maçonnerie congolaise
Le départ de Jean Dominique Okemba de la Grande Loge du Congo marque une nouvelle étape dans l’érosion progressive de son influence au sein du système Sassou Nguesso. L’annonce, transmise par Denis Sassou Nguesso lui même aux obédiences maçonniques dites régulières, confirme la fin d’un cycle pour celui qui fut longtemps l’un des piliers du dispositif sécuritaire présidentiel.
Une démission qui secoue la franc-maçonnerie congolaise

Le 9 avril, le vice amiral Jean Dominique Okemba — « JDO » — a quitté ses fonctions de député grand maître de la Grande Loge du Congo, poste qui le plaçait directement sous l’autorité de son oncle, le chef de l’État. Dans un message daté du 23 juin, Denis Sassou Nguesso a officialisé cette démission auprès des grandes loges affiliées à la GLNF et à la GLUA, précisant que JDO « met fin à toute appartenance » maçonnique. L’intérim est assuré par l’avocat d’affaires Alexis Vincent Gomes, figure influente du barreau de Pointe Noire et pro grand maître depuis environ un an. Sa proximité avec le président lui avait déjà permis de prendre l’ascendant sur JDO dans la gestion quotidienne de l’obédience.
Un affaiblissement politique désormais visible
Ce retrait intervient dans un contexte où l’ancien patron du renseignement voit ses leviers de pouvoir se réduire. Le remaniement du 24 avril a écarté ses derniers soutiens gouvernementaux :
Émile Ouosso a perdu le ministère de l' Énergie et de l’Hydraulique au profit de Bruno Jean Richard Itoua ;
le général Charles Mondjo a quitté la Défense après quatorze ans, remplacé par Raymond Mboulou, un ancien proche de JDO devenu plus distant.
À la présidence, JDO avait déjà été dessaisi fin 2024 de la gestion protocolaire et financière des voyages, transférée au colonel Alfred Simplice Ossombi Assingha, protégé de la conseillère spéciale Françoise Joly.
L’année 2024 avait également été marquée par la mise à la retraite de deux de ses alliés historiques :
Jean François Ndenguet, directeur de la police et le général Philippe Obara, ex chef de la CID, qui conserve toutefois la direction du Grand Orient et loges associées du Congo.
Une influence contestée jusque dans les loges
Au sein de la Grande Loge du Congo, plusieurs frères estiment que JDO avait transformé son rôle en instrument de pouvoir, privilégiant les avantages liés à sa position plutôt que les principes maçonniques. Des critiques récurrentes évoquent un réseau structuré autour de ses proches — Ludovic Ambeto, Émile Ouosso, Mourad et d’autres — qui aurait pesé sur le fonctionnement interne de l’obédience.
Le procès DABIRA reste, pour certains observateurs, un épisode controversé. Un ancien officier de renseignement l’avait qualifié de « mascarade », alimentant les débats sur les méthodes et l’influence de JDO.
Une page se tourne
Pour de nombreux membres de la GLC, ce départ douloureux ouvre néanmoins la possibilité d’un retour aux fondamentaux : fraternité, intégrité, équilibre institutionnel et quête spirituelle. La sortie de scène de Jean Dominique Okemba, longtemps considéré comme l’un des hommes les plus puissants du pays, symbolise la fin d’une ère et le début d’une recomposition interne.
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